Cocathédrale Saint-Antoine-de-Padoue

Église Notre-Dame-de-Grâces

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Messes
 

Dix-septième dimanche du temps ordinaire C

ENTRER CHEZ DIEU

DIX-SEPTIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE C-2013

Nous pouvons prier avec audace, persévérance et confiance, car celui à qui nous nous adressons est notre Père; il nous accordera toujours ce qu'il y a de meilleur pour nous.

Genèse 18,20-32

En raison de leur corruption, les villes de Sodome et de Gomorrhe sont promises au châtiment Dieu. En effet, selon les croyances de l'époque, les habitants dont la faute était « lourde » méritaient d'être jugés et punis par Dieu. Le présent texte fait suite au récit de dimanche dernier alors qu'Abraham recevait trois visiteurs. Deux hommes partent pour Sodome. Abraham, demeuré seul en présence du Seigneur, intercède pour que la ville soit épargnée. Ne pouvant accepter que les justes soient punis avec les coupables et à cause d'eux, il engage courageusement un dialogue qui a toutes les apparences d'un marchandage. Il parvient à ce que le nombre de justes nécessaires pour épargner la ville passe de cinquante à quarante-cinq, à quarante, à trente, à vingt, puis à dix. Pas un instant Dieu ne s'insurge devant I’ audace d'Abraham qui ose intervenir dans ses projets. Nous savons que Dieu ne trouvera pas les dix justes et qu'il détruira les deux villes. Mais la prière d’Abraham plaît à Dieu et le rend plus saint à ses yeux. Nous savons aussi que c'est par un seul juste, son Fils Jésus, que Dieu a sauvé l'humanité. Ce texte est un bel enseignement sur la prière qui est avant tout une relation avec Dieu bâtie sur la simplicité et la confiance.

Psaume 137 (138)

La grandeur de Dieu n'écrase jamais la petitesse des humbles. Comme en résonance avec la prière qu'Abraham a adressée avec élan et audace, le psalmiste rend grâce à Dieu qui a répondu à son appel. Le Seigneur a fortifié son âme et lui a donné espoir.

Colossiens 2,12-14

Dans le judaïsme, il était d'usage, en cas de prêt d'argent, que le créancier reçoive un billet de reconnaissance de dettes de la part du débiteur. Paul se sert de cet exemple de la vie courante comme base à sa réflexion théologique. En raison de nos péchés, nous sommes en quelque sorte des débiteurs de Dieu. Mais par pure grâce, Dieu « a supprimé le billet de la dette qui nous accablait [...] en le clouant à la croix du Christ ». En effet, tous nos péchés ont été pardonnés par la mort de Jésus sur la croix. Le baptême plonge les chrétiens et les chrétiennes dans le Christ mort et ressuscité et donne la vie nouvelle. Ce n'est plus par ia circoncision que nous entrons dans le salut, mais par la foi en Dieu qui a ressuscité Jésus d'entre les morts. La vie avec le Christ n'est pas pour demain. Puisqu'il vit en nous depuis notre baptême, nous pouvons en vivre, dès maintenant, au quotidien.

Luc 11,1-13

Les termes Père, nom, saint, règne, péché, pardon faisaient partie de la liturgie juive. Mais comme pour les 613 préceptes de la Loi que Jésus avait résumés en un seul - « Tu aimeras le Seigneur Dieu de tout ton cœur [...], et ton prochain comme toi-même», (Luc I0, 27), Jésus nous ramène à l'essentiel de la prière: entrer en contact intime avec Dieu, le louer et, dans la simplicité et la confiance, lui faire part de ce dont nous avons besoin au quotidien. Au nom de l'humanité entière, nous demandons le pain matériel comme le pain spirituel, le pardon, la résistance au mal et la libération. La parabole de l'ami importun nous incite à ne jamais cesser de prier et à le faire dans la confiance, car Dieu nous exaucera en nous donnant ce qu'il y a de meilleur pour nous. Jésus assure que le don de l'Esprit nous sera accordé si nous ne nous lassons pas de le demander à Dieu notre Père. Le fait que Matthieu et Luc présentent des variantes dans leur version du Notre Père nous révèle bien que cette prière n'était pas voulue par Jésus comme une formule à réciter, mais comme une invitation à entrer dans un dialogue filial avec Dieu et à élargir nos demandes à la dimension universelle.

Vie liturgique n°402, pp. 16-17

 

 

 

Seizième dimanche du temps ordinaire C

BRAVO MARTHE, BRAVO MARIE

Profitons de l'été pour agir, pour créer du bonheur autour de nous. Mais n’oublions pas écouter le Seigneur au hasard des détours du quotidien. Nous connaîtrons ainsi la joie de vivre en disciples efficaces.

Genèse 18, 1-10a

Dans une contrée semi-désertique, l'hospitalité est un devoir sacré. En effet, la vie des passants est en jeu dans ces zones où les moyens pour satisfaire leurs besoins vitaux se font rares. Abraham adopte donc un comportement très honorable en mettant ses ressources au service de voyageurs pourtant inconnus. Cette générosité lui sera rendue par un bienfait encore plus honorable: une descendance rendue possible malgré toutes les limites physiques. Un des voyageurs annonce ainsi au vieil Abraham que sa femme enfantera bientôt un fils. Il a suffi d'un geste amical du patriarche, sans arrière-pensée, pour relancer la vie de ce couple avancé en âge. Cet épisode nous concerne tous et toutes, puisque Abraham est « le père des croyants », donc notre père lointain.

Psaume 14 (15)

La première lecture raconte comment Abraham a su accueillir le Seigneur Dieu lui-même dans sa modeste demeure. Le psaume inverse la perspective en posant à Dieu la question: « Qui séjournera sous ta tente? » La suite du psaume fournit plusieurs éléments de réponse . Agir et dire, tel est l'amalgame requis pour tenir ensemble justice et vérité. Respecter les personnes fidèles comporte une obligation de service. De plus, le psalmiste formule des règles de conduite économiques qui peuvent nous sembler bien généreuses aujourd'hui...

Colossiens 1,24-28

La deuxième lecture évoque, avec des mots lourds de sens, les difficultés librement endurées par saint Paul. En communion avec une communauté chrétienne, l'apôtre détecte dans ces souffrances la présence du Christ qui lui permet de vivre une expérience de Dieu. Cette idée s'exprime ainsi: « La gloire sans prix de ce mystère: le Christ est au milieu de vous, lui, l'espérance de la gloire ! » Avec ferveur, Paul veut l'annoncer à «tout homme» et l'«amener [...] a sa perfection dans le Christ ».

Luc'10,38-42

L’évangéliste utilise ici deux fois le titre « Seigneur » pour désigner Jésus. Difficile d'imaginer qualification plus honorable sous la plume d'un croyant du premier siècle de notre ère I Jésus, la personne significative par excellence pour les chrétiens et les chrétiennes, la source de tout honneur, est présent dans  une maison amie. Comme c'est si souvent Ie cas dans l'Évangile selon saint Luc, il faut célébrer et se réjouir. Cet épisode mettant en vedette deux sœurs est loin de dénigrer les rôles d'intendance de Marthe. Au contraire, l'évangéliste les revalorise en les situant dans un nouvel équilibre. la contemplation de Marie et l'action frénétique de sa sœur trouvent toutes deux droit de cite. Cet épisode, propre à l'Évangile selon saint Luc, est stratégiquement inséré dans la trame narrative. II suit la parabole du bon Samaritain (10, 25-37) et précède l'enseignement sur le Notre Père (11, 1-4), deux passages qui mettent en valeur, d'une part, l'action compatissante et très honorable et, d'autre part, la prière centrée sur l'honneur rendu au Père.

Vie liturgique n°402, p. 12

 

 

 

Quinzième dimanche du temps ordinaire C

L’ART D’ÊTRE PROCHAIN

Plus qu'une belle histoire, la parabole dite du bon Samaritain nous apprend « l'art d’être prochain »: voir, être ému, agir.

Deutéronome 30,10-14

Ce passage fait partie du dernier discours de Moise (29, I - 30, 20) qui résume l'enseignement du Deutéronome. Deux thèmes s'en dégagent: la Loi et la vie. La Loi n'est pas vue comme une obligation, mais comme un don de Dieu, un chemin qui conduit à Ia vie. Les derniers versets du chapitre le résument bien: « Choisis donc la vie, pour que vous viviez [...] en écoutant [la] voix [du Seigneur], en vous attachant à lui. » (v 19-20) Or cette loi, ce chemin, n'est pas inaccessible: Dieu l'a plantée dans le cœur du croyant pour qu'il la mette en pratique.

Psaume 18 (19)

Ce psaume célèbre la beauté de la Loi, le chemin que Dieu offre aux croyants. Comme dans la première lecture et l'évangile, la Loi est mise en lien avec la vie.

Colossiens 1,15-20

Cette hymne christologique célèbre la nature et le rôle du Christ dans le langage de la tradition sapientiale: « Comme la Sagesse, le Christ est image de Dieu (Sagesse7,26), il préexiste à toute créature (Proverbes 8, 22-26), il prend une part active à la création (Proverbes 8,27-30) et il conduit les hommes à Dieu (Proverbes B, 31-36). » (traduction œcuménique de la Bible 2011, note de Colossiens I, 15) Le mot-clé est plèroma qu'on traduit par « plénitude » dans la traduction œcuménique  de la Bible et par                     « accomplissement » dans la Bible de la liturgie. Par cette image, la foi chrétienne veut affirmer que tout a commencé dans le Christ et que tout trouve en lui son accomplissement parfait. Cela s'est réalisé par son œuvre de Seigneur dans la création et de Sauveur dans la rédemption.

Luc 10, 25-37

Selon l'Ancien Testament, le prochain, pour un Juif, est tout membre de son peuple (Lévites 19, 11.13.15- IB). La parabole nous pousse à nous poser la question autrement. Par sa qualité narrative, elle renvoie l'auditeur à lui-même. Elle f interpelle en lui demandant où il se situe dans l'histoire: suis-je l'homme battu et abandonné? Suis-je le prêtre estimé de sa communauté et observateur de 1a Loi? Suis-je le Samaritain méprisé, mais qui devient le prochain, au lieu de se poser une question théorique concernant  l’identité du prochain?

Vie Liturgique n°402, p. 9

Quatorzième dimanche du temps ordinaire C

14e dimanche du temps Ordinaire C

Même mission, nouveaux visages

Isaie 66,10-14c

Dans cet extrait de la troisième partie du livre d'Isaïe, l'auteur exprime l'espérance messianique finale, la paix et la gloire des nations avec Jérusalem. Le prophète réconforte les rapatriés de l'exil qui sont de retour dans une Jérusalem en ruine. Le temps du deuil est terminé. Dieu n'a pas oublié son peuple. Limage d'une mère qui enfante et porte ses nourrissons est reprise à quelques endroits dans ce chapitre.

Un monde nouveau se prépare, fruit d'une attente patiente et pleine d'espérance. Le prophète invite à la réjouissance devant cette promesse d'un monde meilleur,  la Jérusalem nouvelle. La ville sainte connaitra la joie, elle témoignera de la paix de Dieu pour tous les peuples de la terre. Cette joie promise est déjà motif de réjouissance aujourd'hui.

Psaume 65 (66)

Ce psaume d'action de grâce est une invitation à reconnaitre la grandeur de Dieu et la puissance de ses actions. Le Seigneur apparait comme le souverain qui domine les puissances du monde. Le peuple est invité à rendre grâce pour les hauts faits de Dieu qui a agi avec puissance en sa faveur. Il l'a libéré de la servitude en lui faisant passer le fleuve à pied sec. Le psalmiste célèbre sa propre expérience de salut en reconnaissant que Dieu a répondu à ses prières.

Galates 6,14-18

Dans sa conclusion de la Lettre aux Galates, Paul rappelle la réalité de la croix du Christ. Il veut empêcher ses lecteurs de céder à ceux qui voulaient les obliger à observer toute la loi de Moise et la circoncision. Il oppose la croix à ces obligations. Le salut en Jésus Christ, mort en croix, est l’inauguration de la création nouvelle. C'est par la mort et la résurrection de Jésus que l'on entre dans le nouveau peuple de Dieu. Par les mauvais traitements et les emprisonnements qu'il a subis, Paul a été associé à la croix du Christ. C'est sa seule fierté.

Luc 10, 1-12.17-20

Après la première mission confiée aux Douze au chapitre 9 (v. 1-6), Jésus envoie soixante-douze autres disciples. Dans la perspective de Luc, c'est déjà le Ressuscité qui donne ses consignes aux communautés chrétiennes. La mission s'élargit et s'universalise. Le nombre soixante-douze fait référence à la version grecque de la genèse qui dénombre soixante-douze peuples sur la terre. Les soixante-douze sont envoyés deux par deux, et non pas seuls. L’annonce de la Bonne Nouvelle est indissociable du témoignage communautaire. La moisson est abondante et les ouvriers sont peu nombreux considérant l'ampleur de la tâche. C'est pourquoi ils doivent s'en remettre à Dieu avec confiance. Une grande mobilité est recommandée: peu de bagages, pas de soucis inutiles, liberté de mouvement. La mission est un succès. Les envoyés reviennent «tout joyeux». La puissance du mal recule devant l'annonce du règne de Dieu. Suit un avertissement: le succès de la mission ne relève pas d'eux seuls, mais, d'un pouvoir qui leur vient de Jésus lui-même. Le Christ précise ensuite le vrai motif de leur réjouissance: leurs « noms sont inscrits dans les cieux ».

Vie liturgique n° 402, p.4

 

Treizième dimanche du temps ordinaire C

Treizième dimanche du temps ordinaire C

La foi est toujours une réponse à l'appel de Dieu. À la suite du Christ, c'est toute notre vie qui devient une réponse aux appels qu'il nous lance.

I Rois 19,16b.19-21

Les Livres des Rois, tout comme les autres livres appelés «historiques», nous font découvrir, par l'histoire du peuple élu, la complexité des rapports entre Dieu et Israël. Marqués par les infidélités successives du peuple, ces rapports nous révèlent un aspect important de la vie spirituelle : Dieu appelle des humains. Nous le découvrons avec les interventions des prophètes, eux qui, souvent, ont relayé ces appels. Le passage proclamé dans la liturgie de ce jour relate l'appel d'Élisée, transmis par Élie. La consécration d'Élisée est présentée avant tout afin de certifier la succession d'Élie. L’appel est lancé tandis qu'Élisée est à ses occupations quotidiennes. Il doit consentir à un renoncement total; il s'agit de mettre sa vie au service de Dieu, de reconnaître que cette vie vient de lui et qu'elle n'a de sens qu'en lui.

Psaume 15 (16)

Le psalmiste acclame: « Tu es mon Dieu ! » (v. 2) En apparence anodine, cette reconnaissance est à la base de la vie spirituelle et permet une ouverture aux appels de Dieu. Le fait de reconnaître que « de toi dépend mon sort » démontre l'ouverture du sujet à l'intervention de Dieu dans sa vie, disposition spirituelle fondamentale.

Galates 5, 1.13-18

Paul intervient ici afin que les nouveaux convertis ne retournent pas vers leurs anciennes idoles que les gens prenaient pour des dieux et auxquelles ils étaient asservis. L’apôtre a démontré auparavant que les croyants sont fils de la Jérusalem d'en haut, celle qui est libre (4, 2I-31).Il exhorte donc ses destinataires à demeurer fidèles au Christ en ne reprenant pas les chaînes de l'ancien esclavage. Cette liberté, poursuit Paul, ne doit pas être prétexte à satisfaire notre égoïsme; au contraire, elle ouvre au service les uns des autres. Ainsi, nous pouvons rester fidèles à l'Esprit, capables d'amour et de don de soi, évitant les pièges que notre condition humaine (« la chair ») nous tend. La liberté est une condition essentielle à la réponse aux appels de Dieu à aimer, à donner, à vivre.

Luc 9, 5l-62

Ce passage marque chez Luc l'ouverture de la montée vers Jérusalem. Section capitale de cet évangile, la montée présente des éléments essentiels de la vie chrétienne éclairés par le mystère pascal: la détermination à suivre le Christ, les nécessaires    renoncements, la mission confiée à chacun et chacune. Jésus y prépare ses disciples à son départ et leur livre I ‘essentiel de son message. Jésus entre dans cette montée avec détermination, littéralement « en affermissant son message ». Il expose certaines exigences pour marcher à sa suite. Placé par Luc au début de la montée vers Jérusalem, le passage de ce dimanche prépare les disciples à la mission (l'envoi des soixante-douze suit immédiatement cette péricope). Loin de se vouloir un récit historique, I ‘histoire des trois hommes intéressés ou appelés à suivre le Christ illustre ce que peut vouloir dire « marcher à sa suite ». Jésus nous prépare pour la mission.

 

Vie Liturgique n°401, p. 53

Douzième dimanche du temps ordinaire C

La foi nous donne de reconnaitre en Jésus Ie Fils de Dieu, le sauveur du monde. Mais pour Ie connaitre vraiment, nous sommes appelés à te suivre !

Zacharie 12, 1O-11; 13, 1

Le peuple de l’Ancienne Alliance apprend petit à  petit à découvrir le vrai visage de Dieu. II est constamment appelé à la conversion. Dans cet extrait du livre de Zacharie , le prophète annonce une nouvelle réalité. Non seulement le peuple recevra de Dieu un « esprit qui fera naître en [lui] bonté et supplication» mais.il sera purifié d’une «source qui le lavera [son] péché et [sa] souillure». C'est donc Dieu qui prend l'initiative d’aider les fils d’Israël à se tourner vers lui, à se convertir de l’intérieur, jusqu'à lever « les yeux vers celui qu’ils ont transpercé», annonçant ainsi le sacrifice du serviteur souffrant d'Isaïe, figure de Jésus crucifié. C’est encore lui qui fournira la source d’où jailliront la miséricorde et le pardon. Dieu aidera aussi les disciples à suivre Jésus et à découvrir en lui le Messie.

Psaume 62 (63)

Galates 3,26-29

L’apôtre Paul mentionne les deux éléments par lesquels le croyant est attaché au Christ : la foi, ou l’entière confiance en lui, et le baptême, c’est-à-dire la plongée dans sa mort et sa résurrection. Il énumère ensuite les conditions nouvelles de ceux et celles qui croient en lui: leur filiation divine, leur union et leur appartenance profonde à sa personne, au delà des différences religieuses, sociales et sexuelles, enfin I ‘espérance d’un héritage qui leur est promis, la vie en plénitude avec lui.

Luc 9,',8-24

C'est dans la prière que Jésus aborde la question de son identité avec ses disciples venus près de lui. Cette précision est propre à l’évangéliste Luc, sans doute pour marquer l’origine divine de la filiation de Jésus et le besoin d’une révélation pour en saisir toute la portée. Le Christ interroge les siens sur ce qu'ils entendent de la part des foules et sur ce qu’eux mêmes croient. Il est question de Jean Baptiste, d'Élie ou d’un prophète ressuscité qui serait revenu. Pierre proclame alors devant Jésus et ses partenaires f identité première de celui qui vient de l’interroger: il est le Messie, l'envoyé de Dieu. Mais ce mystère n'est pas à révéler avant que les évènements de Ia mort et de la résurrection de Jésus ne se soient réalisés. Pour en comprendre toute la portée, il faudra suivre le Messie jusqu’au bout. Au fil des évènements, sa véritable identité de Fils de Dieu leur sera plus profondément manifestée. Les deux logia (citations de paroles de Jésus) qui suivent la péricope et qui n'y sont pas directement rattachés apportent une dimension intéressante à la quête d’une meilleure connaissance de la personne de Jésus. Faut-il le suivre, marcher à sa suite, porter sa croix chaque jour et perdre sa vie pour lui si on veut connaitre vraiment qui il est et devenir ses véritables disciples ?

Vie Liturgique, n°401, p.49

 

 

 

 

 

Onzième dimanche du temps ordinaire C

11" dimanche du temps ordinaire C

Amour et pardon vont bien ensemble

Parce que Dieu est amour, il est aussi pardon. Comme l'amour, le pardon est don de vie. Et c’est en s’ouvrant à l’amour que l’on est pardonné.

2 Samuel 12,7-10.13

La trame narrative de ce passage est assez complexe, puisque celui-ci fait partie du récit de l'aventure de David avec Bethsabée, la femme d'Ourias (cf. 2 Samuel 11, 1-12,25). David fait mourir Ourias, mais  Dieu fait mourir le fils adultérin. Arrive ensuite l’intervention de Natan qui reproche à David sa conduite: «Cet homme, c'est toi!» (12,7) Le passage d'aujourd'hui donne la suite. Natan montre à David ce que Dieu a fait pour lui en contraste avec la conduite indigne du roi. Natan annonce punitions et malheur. Les versets 11 et 12 sont omis, par pudeur sans doute. Au lieu de chercher à se défendre, David reconnait sa faute. Aussitôt, Natan annonce le pardon. Mais l'enfant n'en mourra pas moins. Dès qu'il reconnait sa faute, David entre dans le cercle du pardon. Reste que la vengeance demeure énigmatique à nos yeux: pourquoi faut-il que l'enfant innocent meure et serve ainsi d'expiation ?

Psaume 31 (32)

L’expérience du péché risque de nous enfermer en nous-mêmes, dans la peur et la culpabilité. Le psaume illustre f inverse : la libération du pécheur qui se reconnait tel devant Dieu.

Galates 2, 16.19-21

Nous voici au cœur de toute la pensée de Paul: le salut par la grâce, et non par les œuvres. Le salut est don, générosité, invitation de Dieu. Faire reposer le salut sur l'obéissance à la Loi, et donc sur les mérites des bonnes actions, c'est réduire l'amour de Dieu à un marchandage.

Luc7, 36 - 8, 3

Les trois versets du chapitre 8 qui représentent l'ajout de la version longue ne sont pas nécessaires à notre propos. Le verset 2 incite à identifier la pécheresse à Marie Madeleine, mais rien n'est sûr. En Jean 12,3, Marie de Béthanie fait le même geste avec Jésus. L’épisode met en scène une pécheresse, connue publiquement comme telle, qui vient par derrière, lave les pieds du Seigneur, les essuie avec ses cheveux et les oint d'un parfum. Il s'agit là de gestes de grande intimité. « Alors que l'onction de la tête faisait partie des rites d'accueil du temps, l'onction des pieds est ici un acte inouï. La scène est érotique, tout particulièrement du fait des cheveux dénoués et parce que seules la femme ou la fille étaient autorisées à oindre les pieds d'un homme; en outre, la femme va jusqu'à baiser ceux de Jésus. » (GRUN, Anselme, Jésus, l'image de l'homme. Évangile de Luc, Montréal,/Paris, Novalis/ Bayard,2004, p. l4l-142) La scène est construite en antithèse. D'une part, le pharisien invite Jésus, mais ne manifeste aucun empressement à son égard. D'autre part, la pécheresse s'invite, mais témoigne d'une extrême attention envers le Seigneur. La parabole que raconte Jésus laisse entendre que la pécheresse a reçu un pardon plus grand (que le pharisien?) et qu'en conséquence, elle a montré plus d'amour. Elle serait une plus grande débitrice. Ce n'est pas là en général la pensée de Jésus qui reproche constamment aux pharisiens l'hypocrisie et la dureté de cœur. Le verset 47 en devient encore plus énigmatique: celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour. Est-on pardonné parce qu'on aime davantage (mais l'érotisme de Ia scène jette alors la confusion, et cela laisserait entendre que Ia démonstration de tendresse mériterait le pardon), ou aime-t-on davantage parce qu'on est davantage pardonné? C'est cette interprétation que donne la Bible de Jérusalem. Plus ambigüe, la Traduction oecuménique de la Bible propose:        « l’amour est conséquence et signe du pardon. » (note k) La démarche de la femme est fondamentalement une démarche de foi et de conversion. Elle expérimente alors le pardon et recommence à vivre.

Vie Liturgique n°401, p.45

 

 

 

 

10e dimanche du temps ordinaire C

10e  dimanche du temps ordinaire C

« Tu as changé mon deuil »

Jésus a de la compassion pour les personnes qui souffrent. Il est venu pour que nous ayons la vie en abondance, ici sur terre et pour l’éternité.

1 Rois 17, 17-24

Le prophète Élie est en exil chez les païens, à Sarepta. Une veuve lui a offert l'hospitalité et a même accepté de partager avec lui et son fils le peu de nourriture qu'il lui reste avant de mourir de faim. Par miracle, la farine et l'huile ne s'épuisent pas (1 Rois 17, 12-16). Mais voici que son fils tombe malade et meurt. La veuve pense que c'est la faute d'Élie. Celui-ci lui demande de lui confier son fils. Le prophète ose interpeller Dieu sur sa manière d'agir: « Seigneur mon Dieu, cette veuve chez qui je loge, lui veux-tu du mal jusqu'à faire mourir son fils?  Élie doit se reprendre par trois fois avant que sa prière soit exaucée. L’étrangère reconnait alors qu'Élie est un véritable prophète: «Dans ta bouche, la parole du Seigneur est véridique. »

Psaume 29 (30)

Un malade rend grâce à Dieu qui l'a guéri, retiré du gouffre, c'est-à-dire du péché et de la mort. Son expérience personnelle n'est qu'un exemple de la manière dont le Seigneur agit envers les siens. Le fidèle ne doutera plus jamais. Il invite les croyants à célébrer Dieu avec lui. Le psaume convient bien aux veuves de Sarepta et de Naïm: « Tu as changé mon deuil en une danse. »

Galates 1, 1-19

Paul affirme que son « Évangile » est une révélation dont Jésus Christ est à la fois l'auteur et l'objet. Lui, le persécuteur, a été l'objet d'une grâce spéciale. Le Crucifié s'est manifesté à lui comme le Ressuscité. La vocation de l'apôtre était de recevoir cette révélation pour l'annoncer ensuite spécialement aux païens. C'est ce qu'il a fait pendant trois ans avant de monter à Jérusalem pour y rencontrer Pierre et Jacques.

Luc7, 11-17

Luc développe dans ce chapitre un rhème rhéologique qui lui est propre. Dieu « visite » son peuple, il vient à lui et agit pour lui afin de lui apporter le salut par Jésus. Il est « le Seigneur », sans restriction, celui qui ressuscite les morts d'un simple mot. Ce récit est placé ici pour préparer la réponse de Jésus à la question de Jean Baptiste concernant son identité (cf. « les morts ressuscitent »» : Luc 7 ,22) Luc est le seul à raconter ce miracle. S'inspirant du Premier livre des Rois, il met en valeur non pas la foi de la veuve mais la compassion du Christ. Luc donne à Jésus le titre chrétien de Seigneur, celui du Crucifié ressuscité. La première partie parle des deux « foules » différentes qui forment deux cortèges distincts: la foule et les disciples qui accompagnent Jésus (la vie) et la marche funèbre pour Ie jeune homme décédé (la mort). La deuxième partie décrit l'action de Jésus: parole de réconfort à la mère, parole d'autorité pour ressusciter le fils, remise du fiIs à la mère. Contrairement à Élie, une seule parole suffit à « réveiller » le mort. Cette parole rétablit la relation du jeune homme avec son entourage, relation qui était brisée par la mort: il se met à parler. La troisième partie raconte la réaction des témoins: « Un grand prophète s'est levé parmi nous, er Dieu a visité son peuple. » Luc montre que Jésus est Ie nouvel Élie qui, selon les traditions juives, devait revenir à la fin des temps. Voilà donc la bonne nouvelle: le Ressuscité donnera aux siens, après leur mort, une vie éternelle totalement nouvelle. L’expression « résurrection des morts » doit être employée avec prudence. Il y a le cas des personnes qui reviennent à la vie terrestre qui était la leur avant leur décès. Être ressuscité n'est alors qu'un sursis, pas une dérogation permanente à la mort inévitable de toute personne humaine. Et il y a la résurrection du Christ, entré dans la plénitude de la vie éternelle avec son Père, dans un type radicalement nouveau d'existence.

Vie Liturgique n°401, pp. 41-42

Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ

Le Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ

Célébrer pour partager

La célébration de l’eucharistie, qui fait de nous des « pratiquants », nous envoie proclamer l’Évangile en nous engageant à une pratique quotidiennedu partage

Genèse 14,18-20

Mystérieux personnage que ce Melkisédek, dont le nom signifie «mon roi est justice». Il est roi de Salem», c'est-à-dire «roi de paix» ou «roi de Jérusalem». Lors de sa rencontre avec Abraham, il « fit apporter du pain et du vin; il était prêtre du très-haut ». La tradition chrétienne l’associe donc au Christ et à l'eucharistie: la bénédiction qu’il adresse à Dieu qui a livré les ennemis d’Abraham entre ses mains est une action de grâce, sens premier du mot grec eucharistia.

Psaume I09 (l1O)

Ce psaume, associé très tôt à la résurrection du Christ, marque la seule autre mention de Melkisédek dans l’Ancien Testament en dehors de Genèses14. On retiendra surtout le verset 4, sur lequel reviendra la Lettre aux Hébreux (ch. 7) : «  Le Seigneur l’a juré dans un serment irrévocable: Tu es prêtre à jamais selon l'ordre du roi Melkisedek.  (7-17)

1 Corinthiens 1,1, 23-26

Dans ce passage, proclamé aussi le Jeudi saint à la messe du soir en mémoire de a Cène du Seigneur, Paul rappelle l’institution de l’eucharistie par le Seigneur Jésus « la nuit même où il était livré ». Mais Paul ne se cantonne pas dans le passé : en faisant ce mémorial, nous rendons présent le mystère de la mort et de la résurrection du Christ. Plus encore, nous y participons, et cela nous incite à nous joindre à la mission d’annoncer l’Évangile jusqu’à la fin des temps. «Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne. » (Nous soulignons.)

Luc 9, 11b-17

Plusieurs éléments de ce récit de la multiplication des pains font allusion à l’eucharistie Après le retour des Apôtres de mission, les foules se rassemblent et Jésus les accueille (9, 10-11) Le fait que «Jésus parlait du règne de Dieu [à la foule], et […] guérissait ceux qui en avaient besoin» (v. 11) permet un lien avec le rite pénitentiel et la liturgie de la parole. Le fait que «le jour commençait à baisser» quand les Douze s'approchèrent de Jésus, détail propre à Luc, rappelle le récit d’Emmaüs (cf. Luc 24, 13-32). Enfin, « à la manière des Juifs, Jésus ouvre le repas par une bénédiction. Ses gestes sont rapportés dans les mêmes termes qu’au repas eucharistique; toutefois, Luc parle ici de bénir les pains et en 22, 19, de rendre grâces. » (traduction œcuménique  de la Bible, note 1)

Vie Liturgique, n°401, p.20

 

 

Dimanche de la Trinité C

Dimanche de la Trinité

Dieu est seul à bien se connaitre et il a pris l'initiative de se dévoiler. Il le fait d'abord par sa sagesse à l’œuvre  dans la création, puis par Jésus qui le connait intimement et enfin par la venue de l'Esprit de vérité.

Proverbes 8,22-31

La liturgie propose ce texte qui montre une esquisse de dévoilement du mystère trinitaire. Des livres tardifs de l'Ancien Testament portent sur la sagesse, une manière concrète de bien vivre. Elle a ses origines en Dieu, existant « avant ses œuvres les plus anciennes », et elle agit dans la création avec lui, comme un maitre d'œuvre. Elle est toute proche de Dieu et trouve sa joie auprès de lui et aussi auprès des humains. Cette manière de présenter la sagesse, un peu comme une personne, prépare les premières communautés chrétiennes à voir en Jésus, « par [qui] tout a été fait» (symbole de Nicée-Constantinople), la Sagesse éternelle de Dieu devenue l'un des humains

Psaume 8

Le psalmiste exprime au Seigneur son émerveillement et sa joie en contemplant ses œuvres et l’être humain, à la fois fragile er grand, à qui Dieu confie sa création.

Romains 5, 1-5

Dans cet extrait de sa Lettre aux Romains, Paaul montre que les humains deviennent justes par la foi dans le Christ. Avant sa conversion, il avait la conviction d'être reconnu juste devant Dieu par l'observation rigoureuse des commandements de la loi de Moise. Or le salut est le don gratuit dont Dieu le Père a l’initiative, réalisé par le Christ qui donne accès « au monde de la grâce » et communiqué par l'Esprit qui répand dans les cœurs l'amour divin. Chacune des personnes divines est à l'œuvre dans le salut accueilli par la foi. Paul affirme que même la détresse ne peut nous enlever notre espérance, puisque tout nous est donné, y compris l'amour qui est en Dieu.

Jean 16,12-15

Comme pour la deuxième lecture, cet extrait d'évangile a été choisi parce qu'il comporte la mention du Père, du Fils et de I ‘Esprit Saint. À l'approche de la passion, les disciples ont beaucoup de difficulté à reconnaitre l’identité de Jésus ou la « vérité » de sa personne. Or Jésus leur promet la venue de l'Esprit qui les « guidera vers la vérité tout entière », c'est-à-dire la révélation de son mystère. Tout est dit en Jésus: l'Esprit ne fera que reprendre ce qui vient de lui pour le faire connaitre aux disciples. Et si ce que dit I ‘Esprit vient de Jésus, cela signifie aussi du père, car ce qui appartient à l'un appartient à l'autre, sans réserve. En croyant en Jésus et en accueillant l'Esprit de vérité, nous sommes en communion avec le père et nous entrons ainsi dans la plénitude du mystère de Dieu.

Vie liturgique n° 401, p.16

 

 

Pentecôte C-2013

DIMANCHE DE LA PENTECÔTE

Le vois-tu ce monde nouveau?

L’Église comme un orchestre

Aujourd'hui, nous célébrons le don de l'Esprit. C'est lui qui à la fois nous « installe » en Dieu et nous pousse au dehors, vers un monde qui a soif de la vie de Dieu.

Actes 2, l-11

Quelques éléments de ce récit aident à comprendre le sens de la Pentecôte.         Le « cinquantième jour » : le nombre 50 renvoie au jubilé (Lévites 25, B-17). Cette institution apportait un nouveau départ par la remise des dettes et 1a libération des esclaves. Le don de l'Esprit permet donc un nouveau départ pour l'humanité en suscitant le nouveau peuple de Dieu. « Un bruit [...] de vent » : référence à La Genèse où le souffle de Dieu intervient pour susciter la création et la vie de l'être humain (1, 2; 2,7). À la Pentecôte, un « violent coup de vent » d'origine divine (il vient « du ciel ») remplit la maison. Une nouvelle création apparait: l'Église, Corps du Christ pour le monde. « Une sorte de feu [. . . ] en langues » : c'est le don de la communication, du témoignage convaincu, brulant. Jean Baptiste avait annoncé celui qui baptiserait « dans l'Esprit Saint et dans le feu » (Luc 3, 16). « Chacun d'eux 1es entendait parler sa propre langue » : le message s'adresse à tous, quelles que soient la culture ou la nationalité. Toutes les nations sont appelées à s'unir pour former 1e véritable Israël. « Proclamer     [. . . ] les merveilles de Dieu » : la grande merveille à annoncer désormais est que toute l'humanité est appelée à entrer dans le mouvement de la mort et de la résurrection du Christ. Le Lectionnaire actuel n'a pas retenu les trois derniers versets de la péricope (v. 12-14). Mais il est bon de les avoir en tête. Ils illustrent bien la réaction humaine devant un phénomène provoqué par Dieu: d'une part, on ne comprend pas (« Qu'est-ce que cela veut dire ? »), d'autre part, on est tenté de réduire cela à un phénomène purement humain (« Ils sont pleins de vin doux!»). Des réactions semblables sont courantes encore aujourd'hui.

Psaume 103 (104)

La vie est un don de Dieu: elle dépend entièrement de son souffle.

Romains 8,8-17

Paul dresse en quelque sorte un portrait de l’identité chrétienne. Mais il commence par décrire les conséquences de cette identité (v. B-14). Elle nous donne de passer d'un état de rupture avec Dieu (ce que Paul appelle « la chair ») à un état d'union à Dieu. Elle nous fait participer à la vie même de Dieu, avec tout ce que nous sommes, corps et esprit. Puis, l'apôtre donne la source de cette nouvelle identité (v. 15-I7): le don de l'Esprit fait de nous des fils et des filles de Dieu, en nous incorporant au Christ, fils unique du Père.

Jean 14, l5 -16.23b-26

Dans ces deux extraits de I ‘Évangile selon saint Jean se trouvent des réponses à la question: comment s'assurer d'être fidèle à la parole de Jésus ? « Si vous m'aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. » (v. 15) « Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle a ma parole. » (v. 23) « Celui qui ne m'aime pas ne restera pas fidèle à mes paroles. Or, la parole que vous entendez n'est pas de moi: elle est du Père. » (v.24) «Je vous dis tout cela [...], mais [...] l'Esprit Saint [. . . ] vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » (v. 26) Dans les deux versets où il mentionne le « Défenseur» (ou «Paraclet»), Jean précise qu'il parle de l'Esprit. En effet, le mot paraclet ne désigne pas d'abord une personne, mais un rôle, une fonction. Le paraclet est celui qui se tient près de quelqu'un, qui l'appuie, le soutient, souvent dans un contexte judiciaire. On traduit habituellement par « défenseur » ou « assistant ». On est renvoyé à l'expérience originale de l'Esprit faite par la première Église, à un moment où va disparaitre la génération des grands témoins apostoliques. L’Esprit, comme un guide très sûr, fait pénétrer dans la réalité profonde de l'œuvre du Christ, il 'dévoile le sens'[..] de ce temps mystérieux que vivent 1es disciples: temps d'une présence nouvelle du Seigneur, d'une communion nouvelle avec lui, temps du témoignage [...] dans l’immense procès qui continue face au monde. » (Van Den Busshe, Hendrick et Fernand Prod’homme, « Paraclet», Dictionnaire encyclopédique de la Bible , Brepols, I987. p. 963)

 

Vie liturgique n°401, p.12-13

 

 

Ascension C-2013

Le vois-tu ce monde nouveau?

Yeux au ciel, pieds sur terre

Par la promesse de la venue de l'Esprit, le Christ se fait toujours présent à ceux qui croient en lui. Ainsi, nous pouvons déjà prétendre vivre le ciel sur la terre. Dès maintenant, nous sommes appelés à entrer dans la joie anticipée de la pleine réalisation de la promesse qui s'accomplit aujourd'hui.

Actes 1, 1 -1 1

Nous sommes à la croisée des chemins. Le prologue des Actes marque la fin de la mission terrestre du Christ et le début de celle des Apôtres dans une nouvelle aventure que l'on appelle l'Église. L’auteur souligne que les disciples ont besoin d'un temps de préparation de quarante jours avant le départ définitif de Jésus. Ce nombre, quarante, représente un temps de préparation à la mission, une initiation pour permettre aux Apôtres de découvrir l'ampleur et les répercussions des évènements reliés à la résurrection. Limage des Apôtres fixant le ciel est évocatrice. Ils semblent encore tout attendre de Jésus et ne comprennent pas ce qui leur arrive. Ils ne veulent pas manquer la dernière occasion de le voir. Et pourtant, c'est dorénavant sur les routes du monde qu'ils le reverront plus vivant que jamais: Jésus en a fait la promesse, qui se réalisera par la venue de I ‘Esprit Saint. Celui-ci donnera aux disciples la force nécessaire pour témoigner de la vie du Christ partout où ils iront.

Psaume 46 (47)

Le peuple rassemblé acclame son roi avec des cris de joie et au son du cor. Dieu s'élève parmi ces acclamations. Sa magnificence est telle que son règne s'étend sur toute la terre. Dieu est le Très-Haut, la clameur des peuples monte vers lui. On dirait que le ciel touche la terre, ou plutôt que la terre entière rejoint le ciel. Dieu règne sur tous les peuples.

Hébreux 9, 24-28; 10, 19-23

Par l'unique sacrifice du Christ, nous avons accès au sanctuaire du ciel. L’auteur s'attarde à souligner la distinction entre l'effet des sacrifices dans I ‘Ancienne Alliance et I ‘accueil du Christ comme Sauveur et offrande pour les péchés de la multitude. Désormais, les sacrifices font place à l'unique sacrifice. Jésus Christ inaugure une nouvelle ère, celle de la confiance et de l'espérance, celle qui nous situe dans la pleine assurance du salut offert. Dieu est venu une fois pour toutes nous assurer de son amour qu'ii ne reprendra jamais. Le Christ est le grand prêtre par excellence qui se présente comme l'offrande définitive qui nous réconcilie avec Dieu.

Luc 24,46-53

Contrairement au récit des Actes qui situe I ‘ascension quarante jours après la résurrection, l'Évangile selon saint Luc place les deux évènements le même jour. Quand on sait que ces deux récits proviennent du même auteur, il y a de quoi   s'étonner ! Mais oublions un peu notre petit côté «journaliste d'enquête» et laissons-nous guider plutôt par f intelligence des Écritures. Plus qu'un fait rapporté, cet évènement donne un éclairage particulier à la foi. L’évangéliste souligne le lien indissoluble entre l'ascension et la résurrection. Dans l'ascension se manifestent la gloire du Ressuscité et son règne divin. Par sa mort et sa résurrection, il apporte la vie de Dieu au monde. Assis à la droite du Père, il a tout montré de lui et se fait désormais présent à l'humanité par son Esprit. L’ascension, tout comme la résurrection, constitue donc un évènement éminemment trinitaire. Quant aux disciples, témoins de cette théophanie, « ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, remplis de joie». Cette joie suscite l'étonnement, car l'ascension suppose un éloignement, un détachement, un adieu. Or l'évangéliste ne rapporte aucune nostalgie chez les disciples. Pas de larmes ni de tristesse. Plutôt une continuité dans la présence, 1a promesse d'une force qui leur permettra de poursuivre la mission, d'être les témoins de sa présence. Jésus étant emporté au ciel, les disciples deviennent à leur tour emportes par une joie indicible, comme si le ciel était entré en eux. L’évangéliste souligne ainsi que la promesse de la venue de l'Esprit apporte un souffle nouveau dans l'expérience spirituelle des Apôtres. L’ascension ne constitue donc pas un manque dans la vie des disciples ni une transition en attendant une nouvelle manifestation du Seigneur. Elle souligne le lien indissoluble entre le Christ ressuscité et son Église qui prend son essor avec la promesse de la venue de l'Esprit. Celui-ci perpétue la présence du Christ et se fait déjà présent en espérance dans le cœur des témoins de l'ascension.

 

Vie liturgique n° 401, pp 8-9

 

 

 

 

 

Sixième dimanche de Pâques C-2013

Le vois-tu ce monde nouveau?

Éloge de la fidélité

La Bible célèbre la fidélité de Dieu à l'égard de son peuple et celle de Jésus à l'endroit de son Père. Fidèle à son Père, Jésus demande à ses disciples d’être fidèles à sa parole. Cette fidélité leur permet de demeurer en communion avec lui et avec le Père. Elle leur apporte la paix, la joie. Elle les garde dans la foi.

Actes 15,1-2,22-39

La tension était grande entre des chrétiens venant de Judée et des frères non juifs d'Antioche. Les premiers voulaient imposer la circoncision aux seconds. Paul et Barnabé n'étaient pas de cet avis. Après discussion et invocation de l'Esprit, il fut décidé de ne pas imposer aux chrétiens non juifs d'autres prescriptions que celles-ci: l’abstention de certains aliments offerts aux idoles, viande non saignée, unions illégitimes. La Loi doit être interprétée avec souplesse. La fidélité à la Parole doit tenir compte des circonstances et des cultures.

Psaume 66 (67)

Le refrain invite les peuples à célébrer Dieu tous ensemble. Les versets évoquent les bienfaits divins. Le psaume pouvait être chanté à la suite d'une récolte abondante.

Apocalypse 21, 10 -1 4.22-23

Jean a une vision: la Jérusalem nouvelle resplendit. Or et pierres précieuses l'éblouissent. Tout est plus grand, plus beau, plus impressionnant que tout ce qui existe sur terre. Dans ce royaume nouveau, pas de Temple cependant, car le Temple, « c'est le Seigneur, le Dieu tout-puissant, et l'Agneau ». Pas de soleil non plus ni de lune, car l'Agneau est la source de toute lumière. Tê1 est le Royaume où conduit la fidélité a la Parole.

Jean 14, 23-29

Au moment de passer «de ce monde à son Père», Jésus demande à ses disciples de demeurer fidèles à sa parole en raison de l'amour qu'ils doivent avoir pour lui. Il souligne que celui qui ne l'aime pas ne saurait rester fidèle à sa parole. La parole dont il parle est certes la sienne, mais elle lui vient du Père, ce qui lui donne toute son importance. Cette parole permet de demeurer dans l'amour du Fils et dans celui du Père.

Conscient de ce qu'exige la fidélité à sa parole, Jésus annonce la venue prochaine du « Défenseur, l'Esprit Saint». Envoyé aux disciples en son nom, l'Esprit leur enseignera tout et leur fera souvenir de tout ce  qu'il leur a dit. Jésus affirme de plus que le disciple fidèle a sa parole vit dans la paix, la joie et la foi.

 

vie Liturgique n° 401, p.4

Cinquième dimanche de Pâques C

5e dimanche de Pâques C

Le vois-tu ce monde nouveau?

Porte de la foi, portail de nouveauté

Du nouveau est possible chaque jour pour qui adhère à la foi en Jésus ressuscité, puisqu'il a donné un commandement nouveau. Franchir la porte de la foi, c'est s'ouvrir à la diversité de ces nouveautés. Ce que nous accomplissons permet à Dieu d'implanter sa demeure au milieu de l'humanité: une terre nouvelle et des cieux nouveaux.

Actes 14, 21b-27

Entrer dans le Royaume par « la porte de la foi » (v. 27) exige énergie et innovation: « Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu. » (v.22) De nouvelles responsabilités sont attribuées: les Anciens garantissent la présence de Dieu au milieu de la communauté. De nouveaux déplacements sont requis de la part des agents porteurs de la Bonne Nouvelle: l'Église croît et prend conscience des nouveautés de l'action divine. Étonnant paradoxe, des Anciens deviennent créateurs de nouveauté !

Psaume 144 (145)

Les œuvres de Dieu, comme les paroles des croyants et des croyantes, expriment son activité constante. La meilleure façon de parler du Seigneur, c'est de Iaisser ses œuvres  appuyer les dires de ses fidèles. Ainsi, les disciples font rayonner l'activité divine incessante.

Apocalypse 2'1, 1-5a

La Bible se conclut sur une grandiose affirmation de nouveauté et de rassemblement. Dans une vision, Jean aperçoit le point d'aboutissement de la création: ciel et terre sont rénovés. Les dangers imprévisibles, symbolisés par la mer, sont disparus. En lieu et place, tout est transformé pour le mieux: la « cité sainte >> est illuminée par la présence de Dieu. Aucun aspect de la vie ne peut rester dans l'ombre lorsque le Seigneur s'installe à demeure au milieu de l'humanité. Il instaure dans le monde une dynamique de changements positifs dont toute sa création bénéficie.

Jean 13, 31-33a.34-35

Lors de son dernier repas, Jésus a posé un geste étonnant: le lavement des pieds des disciples par leur Seigneur et maître (Jean 13,1-15). Jésus indique comment prolonger ce geste, comment en déployer toute la profondeur. Ainsi, f invitation à la réciprocité (« les uns les autres », « les uns pour les autres ») indique qu'il ne s'agira pas de simplement mimer la scène. L’amour mutuel entre les croyants les fera participer à la gloire divine (mentionnée trois fois). Parce qu'elle fait l'objet d'un commandement, la réciprocité de l'amour traduit dans le concret I ‘adhésion à l'alliance de Dieu. Cette alliance a été renouvelée dans la mort de Jésus. En décrétant l’Année de la foi, Benoit XVI commente ainsi la portée du commandement de l'amour mutuel: « Par la foi, les Apôtres [. ..] vécurent en communion de vie avec Jésus qui les instruisait par son enseignement, leur laissant une nouvelle règle de vie par laquelle ils seraient reconnus comme ses disciples après sa mort. » (La porte de la foi n" 13)

 

Vie Liturgique n°400, p.59

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quatrième dimanche de Pâques C-2013

4e  dimanche de Pâques C

Le vois-tu ce monde nouveau?

Un bon pasteur nous conduit

Jésus se révèle comme notre berger. Il n'y a rien à craindre. Il est la présence qui rassure, la main qui nous tient et nous protège, la voix qui appelle toujours son Église à le suivre sur le chemin de la vie.

Actes 13,14.43-52

Paul et Barnabé se voient investis par l'Esprit Saint de la mission d'annoncer que Jésus de Nazareth est le Messie attendu. Leur plan est clair: rallier d'abord tous leurs frères juifs à leur découverte et entreprendre par la suite la conversion des païens. Ils partent donc en mission. Un jour de sabbat, ils se retrouvent dans la synagogue d'Antioche de Pisidie. L’accueil est favorable, et le sabbat suivant, une plus grande foule s'est déplacée pour les écouter. Mais ce succès dérange les gens influents de la communauté qui se mettent à les accabler d'injures. Devant cette vive opposition, les deux missionnaires ne se laissent pas décourager. Voyant que l'espoir de rallier tous les coreligionnaires à la Bonne Nouvelle ne se réalise pas, ils modifient leur plan. Secouant la poussière de leurs pieds, ils se tournent vers les païens qui, eux, se montrent plus réceptifs à leur message. Luc tient à souligner que ceux qui refusent la parole de Dieu s'excluent de la vie éternelle.

Psaume 99 (100)

Qu'il est bon de parler de Dieu comme un pasteur qui éprouve pour son peuple, son troupeau, un amour constant et une fidélité indéfectible ! Avec le psalmiste, rendons grâce: Dieu veille sans cesse sur nous. Nous sommes I ‘objet de tous ses soins.

Apocalypse 7, 9.1 4b -17

Jean utilise le genre apocalyptique pour libérer de la peur les chrétiens persécutés et soutenir leur espérance. Cette liturgie céleste, cadre quelque peu surréaliste, invite à contempler l'avenir réservé aux disciples de Jésus. En effet, l’ immense « foule de toutes nations, races, peuples et langues » rassemblée devant l’Agneau représente toutes les personnes qui ont cru en Jésus, l'ont suivi fidèlement et qui ont tenu ferme malgré les difficultés. Elles sont associées à sa victoire sur la haine et la mort. « Celui qui siège sur le Trône » est présenté comme le pasteur qui conduit son peuple « vers les eaux de la source de vie » et qui essuie toutes larmes des yeux. Ce beau message ne peut que ranimer la flamme de l'espérance pour l'Église qui vit l'aujourd'hui de Dieu. Le Christ, l’Agneau de Dieu qui a été offert en sacrifice, celui qui a donné sa vie pour nous sauver, est vivant. Il plante sa tente au milieu de nous. Il ne fait plus qu'un avec nous et prend soin de nous. Le Christ, vainqueur de la mort et du péché, nous promet un avenir de lumière.

Jean 10,27-30

 

Dans les versets précédents, non retenus pour la liturgie de ce jour, ceux que Jean appelle « les Juifs » lancent une sorte d'ultimatum à Jésus : est-il oui ou non le Messie? Pour répondre, le Christ emprunte une image familière au peuple d'Israël: celle du berger et de ses brebis. En effet, la communauté juive se comparait à un troupeau et le Messie attendu devait être un berger bienveillant. Mais voilà que Jésus lui-même se présente comme le bon pasteur qui vit une relation intime avec ses brebis. Plus encore, il affirme qu'i1leur donne la vie éternelle, que jamais e1les ne périront et que personne ne les arrachera de sa main. La main de Dieu et la sienne, c'est pareil: « Le Père et moi, nous sommes UN. » Prétendre être l'égal de Dieu, c'est inacceptable. En effet, pour ce peuple qui croit au Dieu unique, c'en est trop. La réaction des chefs religieux est vive. Dans les versets subséquents, on apprend qu'ils se préparent à lapider Jésus.

Vie Liturgique, n°400, p.55

 

 

 

 

 

 

 

Troisième dimanche de Pâques C-2013

3e dimanche de Pâques C

Le vois-tu ce monde nouveau?

Une nuit sans rien prendre

La nouvelle de la résurrection de Jésus est une bonne nouvelle pour l'humanité entière. C'est elle qu'annoncent les Apôtres avec joie à Jérusalem. Le Ressuscité accompagne son Église et la convie à une pêche miraculeuse

Actes 5,27b-32.40b-41

Si Jésus a été mis à mort parce qu'il dénonçait le pouvoir religieux en place, la diffusion de sa doctrine ne peut que rencontrer l'opposition des dirigeants. La comparution des Apôtres devant le Sanhedrin vise à faire cesser la prédication apostolique. On sent un effort d'autojustification: « Voulez-vous donc faire retomber sur nous le sang de cet homme? » (v. 28) La réponse de Pierre confirme l‘accusation. Suit l'annonce du kérygme: Dieu a « élevé » Jésus pour le pardon des péchés, le don de l'Esprit et l'envoi en mission. Pierre galvanise ses troupes par l’affirmation qui m'apparait assez creuse parce qu'invérifiable: « Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. » Malheureusement la lecture omet le commentaire de Gamaliel (v.3439) qui, lui, donne une clé pour la conduite éthique: l'usure du temps. C'est le conseil que suit finalement le Sanhédrin.

Psaume 29 (30)

Le psalmiste célèbre le Seigneur après avoir affronté un danger mortel, vraisemblablement une maladie: « Tu m'as fait remonter de l'abime. » L’angoisse se change en allégresse et en action de grâce.

Apocalypse 5, 11-14

Nous sommes en pleine liturgie céleste. Les anges, les Vivants et les Anciens chantent la gloire de l’Agneau qui reçoit sept dons: puissance, richesse, sagesse, force, honneur, gloire, bénédiction. À remarquer le très grand nombre d'anges participant à la liturgie en compagnie des « Anciens » et des « quatre Vivants » ! Qui donc étaient ces anges? Simple cour céleste ou symboles des élus ?

Jean21, "l-19

Le récit comprend deux sections distinctes: un récit de pêche miraculeuse en présence du Ressuscité (v. 1-14) et la confirmation de Pierre comme pasteur (v 15-19). Comme le temps pascal fait beaucoup d'autres références au pastorat, je suggère de s'en tenir à la lecture brève (v. 1-14). Le récit de la pêche miraculeuse de l'évangéliste Jean a lieu après la résurrection. Il met en scène sept apôtres et Pierre y joue un rôle éminent. Laissés à eux-mêmes, les apôtres ne pêchent rien. Avec le Seigneur, la pêche est surabondante. Le chiffre 153 est obscur. 11 désigne peut-être le nombre d'espèces de poissons connues, en signe d'universalité. Il s'agit peut-être aussi d'une obscure formule numérologique par l'addition des chiffres 1 à 17 (10 et 7 étant des chiffres parfaits). Quoi qu'i1 en soit, malgré l'abondance des poissons, 1e filet ne se rompt pas. Il y a là un signe d'universalité de l'Église appelée a rassembler la plus grande diversité des hommes sans briser son unité. Pierre, reconnaissant Jésus, manifeste sa foi et se jette à la mer. Le récit se prolonge dans le partage du pain et du poisson en rappel de la multiplication des pains (cf. Jean 6, 11). Le message est assez clair: les disciples sont appelés à prolonger la mission du Seigneur. Ils sont envoyés à l'humanité entière et construisent l'Église. Le Ressuscité les accompagne dans cette mission. Le Seigneur révèlera sa présence par des signes divers, dont la fécondité du ministère et le partage eucharistique. La triple réponse de Pierre (v 15-19) est l'écho de son triple reniement. Par ailleurs, f intensité de son amour est à la source même de sa mission.

Vie Liturgique, n°400 p.51

 

 

 

 

 

 

Deuxième dimanche de Pâques

Le vois-tu ce monde nouveau ?

Jésus se donne à croire

le Seigneur est ressuscité ! C’st la bonne nouvelle qui traverse notre histoire. Au cœur de cette nouvelle, il y a les croyants et les croyantes qui osent affirmer que le Christ est vivant, qu'il habite notre monde, qu'il est au centre de nos vies.

Actes 5, 12-16

Chaque année, la première lecture du deuxième dimanche de Pâques présente une des descriptions sommaires de la vie de la première communauté chrétienne. La troisième de ces descriptions met l'accent sur le rayonnement du premier groupe des croyants, en particulier par les miracles. Situé immédiatement après l'épisode de la fraude d’Ananie et de Saphire (5, 1-11), qui a suscité un grand effroi, le passage démontre que cette crainte n'empêche pas la communauté de rayonner. Le groupe des croyants (et non plus les seuls Apôtres) méritait les éloges du peuple et de plus en plus de gens « adhéraient au Seigneur ». Les autres n’osent se joindre à eux; nous comprenons ici que l'adhésion au message du Seigneur correspond au fait de joindre la communauté des croyants. La foi est la porte de l'Église naissante. Devenir croyants, c'est s'intégrer à la communauté du Ressuscité, au Corps du Christ.

Psaume 117 (118)

Le jour de Pâques se prolonge dans l'action de grâce. Jour de fête et de joie, merveille devant nos yeux, éternel amour... Tout respire la jubilation et la dévotion au Dieu vivant.

Apocalypse 1, 9-11a. 12-13.17 -19

Il est heureux que la liturgie présente un passage de |'Apocalypse au cœur du temps pascal. La résurrection n’est-elle pas le sommet de la révélation de Dieu? Le monde est entré dans la phase ultime de l'histoire du salut par la mort et la résurrection de Jésus. Le passage retenu en ce dimanche relate la vision de Jean reçue « le jour du Seigneur ». C'est le jour d'une intervention particulière de Dieu dans l'histoire, terme approprié pour désigner le triomphe pascal. C'est aussi le jour de la Parousie. Tout est déjà accompli, bien que nous soyons toujours dans l'attente du grand «jour du Seigneur». C'est ce que nous rappelons chaque dimanche depuis lors. Dans sa vision, Jean entend le Seigneur: «Je suis le Vivant. » Voilà un élément fondamental qui conduit à la foi. Tous cherchent la vie. Quand quelqu'un est saisi par le Christ, il entend de lui cette parole fondatrice : «Je suis le Vivant. »

Jean 2O, 19-31

Les premiers visiteurs arrivés au tombeau le découvrent vide. Pour « le disciple que Jésus aimait » (il s'agit tout probablement de Jean), cela suffit pour le conduire à la foi. Pour Marie, l'apparition des anges puis la vision de Jésus qui l'appelle par son nom furent les éléments déclencheurs de son acte de foi: « Rabbouni » (Jean 20, 16) C'est ensuite le tour des disciples de voir le Seigneur. Ils en deviennent les témoins et ils partagent activement leur découverte. L’exemple de Thomas nous aide à comprendre qu'il ne suffit pas d'entendre dire que le Seigneur est vivant pour croire en lui. Lorsque Thomas voit le Ressuscité, il décide de croire. Comme f indique la première conclusion de l'Évangile selon Saint Jean, tout cela nous a été raconté afin que nous croyions que Jésus est le Messie et que nous ayons la vie. Le témoignage est livré.

 

 

 

 

Dimanche de Pâques

Lire les textes bibliques en date du 31 mars aelf.org

Le vois-tu ce monde nouveau

Pierre enlevée, Christ vivant!

Le Christ est ressuscité. Un signe en est donné à Marie Madeleine: la lourde pierre qui fermait le tombeau a été enlevée. L’apôtre Pierre en témoigne en Galilée chez le centurion Corneille. Paul rappelle ce qui en découle.

Actes 10, 34a.37-43

Depuis le jour où il était allé au tombeau, Pierre avait affermi sa loi en la résurrection de Jésus et commencé à en témoigner. Le voici à Césarée à la suite d'une vision, un païen, le centurion Corneille, l'invite dans sa maison. Au nom des Apôtres, Pierre lui annonce l'essentiel du message chrétien concernant Jésus de Nazareth: «Jésus de Nazareth, Dieu l'a consacré par l'Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien [ ..] Et nous, les Apôtres, nous sommes témoins de tout ce qu'il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l’ont fait mourir en le perdant au bois du supplice. Et voici-que Dieu l'a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se montrer, non pas à tout le peuple, mais seulement aux témoins que Dieu avait choisis d'avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui. » Pierre termine son témoignage en affirmant que  Jésus a été choisi « comme juge des vivants et des morts » et que « tout homme qu croit en lui reçoit par lui le pardon de ses péchés »

Psaume 117

Situé à la fin du petit Hallel (Psaumes l\Z - ll7), ce psaume invite à la louange. Il était habituellement exécute durant les fêtes les plus solennelles. En chantant le refrain - « Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie, alléluia ! » -, on pensera d'abord au jour de la résurrection de Jésus, mais sans écarter ces autres, jours particulièrement marqués par les interventions divines qui ont conduit à cette résurrection. Les versets du psaume rappellent deux grands motifs de louer Dieu: l'éternel amour qu'il porte aux siens (v. L-4) et la force de son bras qui protège ceux qui sont appelés à la louange (v 16-17). Le dernier signe (v.22-2) parle d'une pierre rejetée et devenue pierre d'angle. Les juifs y ont vu une annonce du Messie; les premiers chrétiens une image de Jésus mort et ressuscité.

Colossiens 3, 1-4

Cet extrait débute par une affirmation à la fois étonnante et réconfortante : « Vous êtes ressuscités avec le Christ. » C'est de l'ordre du déjà-la: le Ressuscité transmet dès maintenant les richesses de sa résurrection à ceux et celles qui croient en lui. Paul tire ensuite la conséquence de cette affirmation:« Recherchez donc les réalités d'en haut » Ces réalités sont celles que Jésus a révélées à ses disciples et qui n'auraient pu être découvertes sans lui. Il poursuit en apportant deux précisions concernant la situation des baptisés. Premièrement, la vie du Christ qui est en eux est présentement « cachée ». Deuxièmement, viendra le jour où elle sera pleinement manifestée; alors, ils paraîtront « avec lui en pleine gloire ». Cet enseignement n'a rien de méprisant à l'égard des réalités terrestres. Il leur donne cependant un sens, un horizon nouveau. Il s'agit de vivre chaque jour dans l'espérance et l'attente du Jour annoncé.

Jean 20, 1-9

Ces lignes nous rappellent que les disciples ne s'attendaient pas du tout à un retour de Jésus le premier jour de la semaine après sa mort. Elles soulignent également l’importance des signes qui ont disposé les premiers disciples à accueillir le don de la foi. Marie Madeleine est nommée dans tous les évangiles qui racontent les événements du matin de la résurrection (Matthieu 28, 1', Marc 16 , l; Luc 24,10) . Ici, elle est seule à se rendre au tombeau. Il se peut qu'elle soit la même femme qui, chez Simon, avait été libérée de sept démons (Luc 8,2). L’insistance sur le moment de sa venue au tombeau,   « de grand matin,  alors qu'il fait encore sombre » donne à penser à un moment qui inaugure une nouvelle création, un nouveau jaillissement de la lumière du sein des ténèbres. Marie constate que la pierre a été enlevée. Elle va le dire à Pierre. Rien de plus. L’idée ne lui vient pas de penser que Jésus est ressuscité. L’apôtre, pour sa part, « regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête », mais n'en tire aucune conclusion. On le sent perplexe. Jean est le premier à voir et à croire, à lire correctement le signe susceptible de l'aider à accéder à la foi. Serait-ce parce qu'il était le disciple « que Jésus aimait » ? Amour et loi ne sont pas étrangers l'un à l'autre.

Vie liturgique n°400, pp. 24-25

 

 

 

Vigile pascale

Lire les textes bibliques en date du 30 mars aelf.org

Le vois-tu ce monde nouveau?

Qu’éclate notre joie!

La résurrection de Jésus, que nous célébrons durant la veillée pascale couronne une longue suite d'interventions de Dieu envers les siens. Elle inaugure une ère nouvelle qui conduira à l'évènement du dernier jour annoncé dans les évangiles est le gage de notre propre résurrection.

Genèse 1, 1 -2,2

Cette première page de la Bible témoigne d'une longue réflexion menée par les croyants sur l’origine du monde. Ce qui est créé est varié, beau et bon: ciel et terre, lumière et ténèbres, terre ferme et masse des eaux, oiseaux, grands monstres marins, bestiaux et bestioles... Au sommet de tout se trouve l'être humain fait à l’image et à la ressemblance du Créateur. Tout est mis entre ses mains et à son service. Avec la création débute une longue histoire de relations souvent mouvementées, entre Dieu et ses créatures.

Exode14, 15 - 15,1a

Ce grand et merveilleux exploit est souvent rappelé et célébré dans la Bible. il témoigne de la toute-puissance de Dieu et de la confiance que les fils d’Israël ont mise en lui' Une fois Ia mer traversée, le peuple entreprendra une longue marche dans le désert. 11ne le fera, cependant, quaprès avoir entonné un cantique d'action de grâce adressé à son Seigneur. Saint Paui a vu dans cet événement une préfiguration du baptême chrétien (1 Corinthiens 10' 1-2)'

Ézékiel 36, 1 6-17 a -1 8-28

Quand son peuple a été infidèle, Dieu l’a dispersé parmi les nations païennes. Là encore le peuple s'est montré inconstant et idolâtre. Dieu ne l'a pas supporté, estimant que son saint nom était profané. Il a alors décidé d'agir et de prendre sa propre défense: «Je montrerai la sainteté de mon grand nom. » (36, 23) Son projet a été le suivant: ramener les déportés dans leur pays, verser sur eux une eau pure, leur donner un cœur nouveau un cœur de chair qui remplacerait leur cœur  de pierre. Alors, pensa Dieu, mon peuple se montrera fidèle et la sainteté de mon nom sera manifestée.

Romains 6,3b-11

Paul rappelle aux chrétiens el chrétiennes de Rome les conséquences de leur baptême. En les faisant participer à la mort du Christ, le baptême les affranchit du péché et les met en communion avec le Ressuscité. Depuis lors, ils ont à mener une vie nouvelle, à lutter contre le mal et à vivre pour Dieu. En se comportant ainsi, ils se disposent à ressusciter un jour d'une résurrection qui ressemblera à celle du Christ.

Luc 24,1-12

Quelques lemmes se rendent au sépulcre. Une surprise les attend. La pierre qui fermait le tombeau a été roulée et le corps de Jésus n'est plus Ià. Deux hommes leur annoncent: « Il est ressuscité. » Puis, ils leur rappellent ses propres paroles : « Il faut que le Fils de l'homme soit livré [ ..] et, que, le troisième jour, il ressuscite. » Les femmes vont tout rapporter aux Apôtres. Leurs propos sont taxés de « délirants ». Pierre court néanmoins au tombeau. Ayant constaté l'absence du corps, il retourne chez lui, « tout étonné ». Un signe vient de lui être donné, mais il n'en perçoit pas le sens. Il ne croit pas encore que le Christ est ressuscité.

Vie liturgique no 400, pp. 20-21

 

 

 

 

Vendredi Saint

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Veux-tu le suivre?

Pourquoi tant de souffrances?

La passion de Jésus, ce n'est pas simplement sa souffrance. C'est aussi sa victoire sur la mort par la force de l'amour

lsaïe 52,13 - 53,12

Ce passage, tiré de la deuxième partie du livre d'Isaïe, est le quatrième et dernier chant du serviteur du Seigneur, le  serviteur souffrant. C'est un texte difficile, car il parle de 1a souffrance comme d'un sacrifice d'expiation. Malgré les apparences, l'auteur n'insiste

pas sur les souffrances, mais sur l'espérance: « Mon serviteur réussira. » Ce juste semble jouer le rôle de bouc émissaire : « C'étaient nos souffrances qu'il portait. » Ce n'est pas parce qu'il souffre que Ie serviteur est sauvé, comme s'il lui fallait supporter toujours plus de douleur. Se dépouillant de lui-même, le serviteur met toute sa confiance en Dieu. Il faut se rappeler que ce texte a été 1u comme une interprétation

de la mort de Jésus, qui l'aurait librement choisie, dans un amour qui va jusqu'au bout.

Psaume 30 (310

C'est un psaume de supplication et de confiance en Dieu. Après un cri d'appel et même un doute au sujet de Dieu lui-même, voici un chant d'espérance: Ie Seigneur a accueilli la prière du psalmiste.

Hébreux 4,14-16; 5, 7-9

L’auteur de la lettre présente Jésus comme le grand prêtre de la Nouvelle Alliance. Il est pleinement accrédité par son Père. Cela ne l'empêche pas d'être proche de nous, puisque, comme nous, il a connu l'épreuve de la mort. Sa mort est I‘unique sacrifice de la Nouvelle Alliance. Le Christ en est le seul médiateur. Son sacrifice procure le salut à tous ceux et celles qui ont mis leur foi en 1ui. Sur la croix, le Christ nous a rendu la vie.

Jean 18,1 - 19, 42

Chez Jean, le récit de la passion confirme la royauté du Christ et dépeint son couronnement. Plus que les autres, cet évangéliste mer en relief la liberté de Jésus qui choisit lui-même de donner sa vie. Sa mort, son élévation sur la croix, constitue l'heure de sa glorification. Jean semble avoir médité les différentes étapes de la passion. On peut parier d'un drame en cinq actes.

PREMIER ACTE, à Gethsémani (18, 1-I2): Jésus répond à ceux qui sont venus l'arrêter: « C'est moi » ou, littéralement, «Je suis », le nom que Dieu a révélé à Moise. Voilà qui donne le ton à la suite.

DEUXIÈME ACTE, chez Anne (18, 13-27): Jésus proclame son identité devant le grand prêtre, tandis que Pierre, resté dehors, le renie. La tension monte.

TROISIÈME ACTE, chez Pilate (18, 28 - 19, 16): on touche au nœud  du drame. La foule renie le roi messie. Pilate lui présente Jésus comme son roi: «Voici l'homme », sous-entendu Ie Fils de l'homme.

QUATRIEME ACTE, au Golgotha (19, 17-30):Jésus est crucifié. Élevé de terre, il attirera à lui tous les humains. La désignation de Marie et de Jean, respectivement comme mère et comme fils, donne naissance à l'Église. Jésus remet l'Esprit aux croyants. L’eau et le sang préfigurent 1e baptême et l'Eucharistie.

CINQUIÈME ACTE, au sépulcre (19, 3L-42): commencé dans un jardin, le récit se termine dans un autre jardin, celui de l'ensevelissement. Deux notables juifs, Joseph d’Arimathie er Nicodème, révèlent leur foi: c'est le début d'un témoignage qui se répandra partout dans le monde.

Vie liturgique no 400, pp. 12-13

 

 

 

Jeudi Saint

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Veux-tu le suivre ?

Voici le chemin du service

Célébrer le jeudi saint, c'est faire le mémoire de Jésus qui donne sa vie par amour. C'est rendre actuel, vivante et agissante sa présence parmi nous. Faire le mémoire de lui, c’est aussi se laver les pieds les uns aux autres.

L'exode 12,1-8. 11-14

Ce passage de l'exode est un des défis fondateurs du cérémonial juif. Il  représente l'institution du mémorial de l'agneau pascal au moment de la sortie d'Égypte. Dieu en prend l'initiative. Il ordonne de tuer un agneau, de répandre son sang sur le linteau de la porte et d'en manger la chair. Pris à la hâte, le repas annonce que Dieu va passer pour libérer son peuple et le mener de l'esclavage à la liberté.

Refaire ce rite une fois l'an, c'est faire mémoire de l'amour libérateur de Dieu. Pour Israël, faire le mémoire voulait dire se rappeler les évènements qui avaient été à l'origine de son histoire : la sortie d'Égypte, le passage de la mer, l'alliance avec Dieu. Mais c'était aussi beaucoup plus que se rappeler le passé. Faire mémoire incitait à continuer à vivre des promesses de Dieu. La mémoire des évènements gardait le peuple en marche et le faisait vivre.

Psaume 115

Ce psaume d'action de grâces évoque l'importance de remercier Dieu pour ce qu'il accomplit en faveur de son peuple et décrit la manière liturgique de le faire : élever la coupe du salut, invoquer le nom du Seigneur, offrir un sacrifice d'action de grâces. Ce psaume préfigure vraisemblablement la liturgie du repas eucharistique de Jésus.

1 Corinthiens 11,23-26

Comme pour la première  lecture, il s'agit ici du récit fondateur d'un mémorial : le plus ancien écrit racontant le dernier repas de Jésus avec ses disciples. Paul rappelle à la communauté la tradition qu'il a reçue comme venant du Seigneur. Il le fait pour régler certains problèmes. Dans les versets qui précèdent, l'apôtre n'y va pas de main morte : « Je ne vous félicite pas pour vos réunions : elles vous font plus de mal que de bien. Ce n'est plus le repas du Seigneur que vous prenez. L’un reste affamé tandis que l'autre a trop bu. » (v.17. 20-21)

Paul invite les corinthiens à pratiquer ce que le Seigneur Jésus lui-même a fait et demandé de faire en mémoire de lui. Le pain et le vin partagé sont les signes du don total de sa vie. Les fidèles ne peuvent pas reconnaitre le corps du Seigneur présent dans l'eucharistie s’ils ne le reconnaissent pas dans la communauté. L'agneau immolé, c'est maintenant Jésus. En lui, Dieu annonce une nouvelle alliance avec son peuple. Participer à l'eucharistie, c'est entrer dans cette nouvelle alliance dans l'attente du retour du Christ.

Jean 13, I-15

Ce texte de l'Évangile selon saint Jean raconte également le dernier repas de Jésus. Le récit du lavement des pieds remplace toutefois les paroles du Seigneur sur le pain et le vin. Le verset 1 en révèle tous les sens : Jésus … les aima jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à la mort. Le rituel du repas pascal juif ne prévoyait pas un tel geste. Le midrash d'exode 21,2 disait même qu'un esclave hébreu ne devait pas laver les pieds de son maitre. On comprend ici toute la force du geste accompli par celui que ses amis appellent « maitre ». Jésus quitte ses vêtements et le reprend à la fin : deux verbes pour signifier la mort acceptée librement et la résurrection. Le lien avec la mort de Jésus est souligné par le refus de Pierre de se laisser laver les pieds. Le Christ lui fait comprendre qu'il doit l'accepter : c'est la condition pour avoir part au Royaume. Le Seigneur devenu le serviteur manifeste un abaissement que les apôtres auront à imiter. Le Christ s’est fait l'humble serviteur de tous et invite ses disciples à le suivre sur le chemin du service. Il donne sa vie par amour et demande à ses disciples de faire de même. Faire  mémoire  de lui, ce sera à aimer comme lui. La fidélité au maitre passe par le chemin du service des frères et des sœurs.

Vie Liturgique n°400, pp. 8-9

 

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